https://www.ladepeche.fr/2021/01/26/covid-19-ce-que-revelent-les-dernieres-analyses-des-eaux-usees-sur-levolution-du-virus-9334739.php

Par: Elsa Péault

 

Lundi 25 janvier, le réseau Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées) a dévoilé les résultats des relevés d’une trentaine de stations d’épuration françaises. En Occitanie et à Toulouse, “le niveau de circulation du virus est haut”, estiment les scientifiques.

Si le Covid-19 se transmet avant tout par les voies respiratoires, il est possible également de retrouver son génome viral dans les selles des personnes malades. Sa détection dans les eaux usées des stations d’épuration constitue ainsi un indicateur qui intéresse les scientifiques. Un programme de recherche national baptisé Obépine (Observatoire Epidémiologique dans les eaux usées) a de ce fait été créé en avril dernier. Plus de 150 stations de traitement, basées sur tout territoire français, font partie de ce réseau de surveillance.

Dans les stations d’épuration, les scientifiques détectent déjà depuis longtemps la présence de certaines maladies, de médicaments ou de drogues. Le coronavirus, présent dans les selles, peut aussi être identifié par le biais de son génome. Mais ici, toute la population est prise en compte, c’est-à-dire les personnes qui ne se font pas tester mais aussi et surtout les asymptomatiques. Et les analyses traduisent une évolution de l’épidémie avec près d’un mois d’avance sur le nombre des cas positifs déclarés.

Les scientifiques estiment que cet indicateur permet de suivre quasiment en temps réel l’épidémie, et même d’en prévoir l’évolution avec une semaine d’avance. “En moyenne, les données Obépine ont six à sept jours d’avance sur les autres indicateurs”, expliquait ainsi Laurent Moulin, microbiologiste et responsable du laboratoire de recherche à Eau de Paris, au Figaro en novembre dernier.

Lundi 25 janvier, le réseau Obépine a dévoilé les résultats, jusque-là tenus secrets, d’une trentaine de stations d’épuration.

Des résultats qui varient selon les régions

Les résultats publiés par Obépine témoignent d’une certaine disparité de l’évolution du virus selon les régions. Ainsi, la tendance semble être à la baisse dans le nord et dans l’est de la France. À Strasbourg, “après un pic début décembre, la tendance est à une baisse continue”, affirment les scientifiques”. À Lille, “le niveau de circulation du virus est devenu plutôt bas. La tendance est à la baisse depuis fin novembre et se poursuit malgré une légère remontée en début d’année”.

Réseau Obépine

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À l’inverse, à Marseille, “la tendance est à une hausse soutenue depuis les fêtes”.

Réseau Obépine
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Du côté de Lyon, “on note une remontée de la tendance qui a commencé vers le 25 décembre mais qui commence à se stabiliser”, affirment les experts.

Des variations qui s’illustrent également en Île-de-France. À Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne), “on note depuis la mi-décembre une tendance à la hausse qui se confirme sur plusieurs points de mesure”. Alors qu’à la station de Seine Centre, où le niveau de circulation du virus reste assez haut, la tendance générale est cependant “à la baisse depuis mi-novembre”.

“Jusqu’à présent, toutes les stations étaient à peu près cohérentes et leurs résultats évoluaient dans le même sens”, a expliqué le mathématicien et professeur à Sorbonne-Université Yvon Maday, cofondateur d’Obépine, au Parisien. “Peut-être que le variant anglais (plus contagieux) circule davantage à un endroit qu’à autre, ou qu’il y a des différences de mouvements de population en surface”. Des tendances qui restent cependant à confirmer dans les semaines à venir.

À Toulouse et en Occitanie, “la tendance est à une hausse soutenue depuis les fêtes”

Parmi les résultats publiés lundi, se trouvent également ceux de Toulouse, et plus précisément ceux de la station d’épuration Ginestous, gérée par Toulouse Métropole et son délégataire pour l’assainissement Suez. Depuis la fin mars, un échantillon est prélevé et adressé à un laboratoire une fois par semaine.

“Le niveau de circulation du virus est haut. La tendance est à une hausse soutenue depuis les fêtes”, affirment les scientifiques du réseau. En effet, les courbes sont globalement en hausse depuis quelques semaines à Toulouse et en Occitanie.

Réseau Obépine
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Quatorze patients de plus en deux jours au CHU

Est-ce un mauvais signal qui augure mal de la suite ? Le CHU de Toulouse doit, dans son traditionnel point presse ce vendredi, dresser le bilan de son activité et de la progression de l’épidémie de Covid-19. Mais d’ores et déjà, les indicateurs disponibles ce mercredi, à 16 heures, révélaient une progression des hospitalisations ces derniers jours. Soit 145 hospitalisés contre 131 le lundi 25 janvier. C’est-à-dire quatorze patients de plus en deux jours. Le vendredi 15 janvier, l’hôpital comptait 114 malades du Covid dans ses murs. Parmi les personnes hospitalisées, le nombre de patients en réanimation, c’est-à-dire les cas les plus graves, semble, lui, peu fluctuer : 25 le 15 janvier, 30 le 25 janvier et 26 hier. Preuve, à nouveau, d’une meilleure prise en charge depuis la première vague d’il y a un an. Avec 409 hospitalisés (dont 48 en réanimation), la Haute-Garonne est en tête des treize départements d’Occitanie. “L’impact sur notre système de soins se confirme dans nos territoires : le flux de patients pris en charge en secteur hospitalier augmente de façon régulière”, indique l’Agence régionale de santé ce mardi.